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Atelier – La conception de projets de recherche en partenariat d’envergure en histoire

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L’historien.ne travaillant seul.e dans les archives publiques a une forte emprise sur l’imaginaire disciplinaire. Mais on constate un intérêt croissant pour les approches collaboratives de la recherche parmi les historien.ne.s, entre les historien.ne.s et les chercheur.e.s d’autres disciplines, et au-delà du clivage université-communauté : permettre aux historien.ne.s de travailler en partenariat avec les communautés que nous étudions. Le Conseil de recherches en sciences humaines a encouragé ce changement par le biais de ses programmes de financement de partenariats. Cet atelier offrira des conseils aux historien.ne.s qui envisagent de développer un projet de partenariat.

Steven High possède une vaste expérience de la direction de projets de partenariat financés par le CRSH. Il a dirigé le projet primé Histoires de vie Montréal (2006-2012), financé par le programme des Alliances de recherche universités-communautés du CRSH, qui a travaillé avec des Montréalais déplacés par la violence de masse dans d’autres parties du monde. Il dirige actuellement le projet de partenariat transnational « Deindustrialization and the Politics of Our Tim » (deindustrialization.org).

L’enregistrement de l’atelier est disponible sur la chaîne YouTube de la SHC

Transcription

Pour le dernier évènement de sa série d’ateliers et tables rondes virtuels de 2022-2023, la SHC a eu le grand plaisir d’accueillir son président, Steven High, pour discuter de la conception de projets de recherche en partenariat d’envergure en histoire. Bâti pour entrer en dialogue avec les participants, l’atelier a montré les avantages, les défis et les considérations que tout chercheur devrait avoir en tête dans l’optique de construire des partenariats.

Pourquoi organiser un tel atelier, a d’abord demandé Steven High ? On voit de plus en plus une transition vers des projets de recherche collaboratifs et ancrés dans la communauté — notamment de la part des organismes subventionnaires comme le CRSH — qui prennent des formes variées. Il n’existe pas un modèle unique de partenariat de grande envergure ; leur diversité demande au chercheur d’être attentif dans la conception de son projet. De plus, les historiens sont souvent sous-représentés dans ceux-ci, la discipline favorisant souvent des projets plus restreints dont les attaches communautaires sont moins centrales. Les étudiants des cycles supérieurs sont rarement formés à la recherche collaborative, ce qui contribue à laisser de tels travaux en marge.

Plusieurs positifs accompagnent les recherches en partenariat. Dans des demandes de subvention au CRSH, ces projets peuvent inclure directement une organisation communautaire à titre de co-chercheuse ou comme participante. Ceci permet d’étendre les expertises rattachées au projet et d’inclure une diversité de voix, au sein et en dehors du milieu académique. De plus, les différentes subventions du CRSH s’appliquent à des projets de recherche de courte à longue durée, ce qui permet de s’arrimer avec les objectifs des chercheurs et des partenaires. Les recherches collaboratives sont également une occasion unique de s’investir avec le public — non seulement par le biais de publications, mais aussi en favorisant directement sa participation dans l’élaboration des résultats. En ce sens, elles génèrent des questions de recherche et des conclusions qui seraient inaccessibles autrement. Leurs enveloppes budgétaires sont d’excellentes manières de financier des étudiants, à titre d’assistants de recherche ou par un projet de maîtrise, de doctorat ou de postdoctorat. Ceux-ci peuvent alors populariser de telles formes de recherches et contribuer à un réseau stimulant.

La conception de projets de recherche en partenariat d’envergure n’est cependant pas exempte de dangers. De par leur taille, ils sont à risque de mener à plusieurs équipes travaillant parallèlement, mais sans jamais se croiser. Ces projets demandent donc des structures et des mécanismes qui assurent que la collaboration ne soit pas que bureaucratique, mais mène également à la production d’un savoir commun. Exposer ses résultats à plusieurs étapes de la recherche, par des publications ou des conférences, permet de lier tous les membres d’une équipe entre eux et de contourner ce problème, notamment. Un autre défi est celui de la hiérarchie au sein des équipes de recherche. Les étudiants contribuant au projet doivent être en mesure de s’impliquer dans des rôles importants et d’avoir une voix dans son évolution, au-delà de leur travail de terrain et d’analyse. Il faut également s’assurer qu’il ne soit pas uniquement dirigé par une seule personne, ce qui arrive souvent si le projet initial d’un chercheur n’est pas suffisamment évolutif ; s’il faut une certaine rigidité pour arriver à des conclusions finales, il faut aussi préserver une flexibilité pour permettre aux réflexions d’être spontanées et foisonnantes. Enfin, le poids administratif d’une recherche collaborative peut être extrêmement lourd. Il est important de s’assurer que l’équipe de recherche ait les ressources et le personnel pour le porter.

Steven High a finalement offert quelques considérations lors de la conception d’un projet de recherche en partenariat de grande envergure. Le projet doit être en mesure de croître organiquement et d’évoluer avec ses membres ; les résultats finaux sont rarement ceux qu’un chercheur avait envisagés avant de contacter des partenaires. Tous les collaborateurs devraient toutefois être choisis lorsque leurs thèmes de prédilection sont directement liés au sujet de la recherche collaborative, sans quoi ils risquent de ne pas s’impliquer entièrement. En ce sens, le partenariat est la colonne vertébrale du projet, qui peut ensuite s’étendre dans plusieurs directions. Il est essentiel de bien évaluer la portée du travail et sa finalité lors de la demande de subvention : une recherche trop importante pour les moyens requis ne convaincra pas le CRSH de la faisabilité du projet. De plus, sa structure de gouvernance et son éthique doivent être réfléchies consciencieusement : qui prendra les décisions ? Sous quelle forme ? Sur quelle durée ? Un projet bien construit permet par la suite un travail assorti d’une diversité de langues, de conclusions et de production du savoir.

Cet évènement était une manière appropriée de conclure la série d’ateliers et tables rondes virtuels de 2022-2023 de la SHC. Une table ronde précédente a réuni diverses sociétés historiques canadiennes qui ont partagé leurs expériences et leurs travaux ; à une époque où la SHC cherche à étendre et à diversifier ses partenariats, la présentation de Steven High est une excellente ouverture à l’établissement de liens entre chercheurs et organisations, au Canada et à l’international.