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Prix des comités associés de la SHC

Publié le : 2 jun 2020

FÉLICITATIONS À TOUS LES LAURÉATES ET TOUS LAURÉATS DE 2020 !

Prix du Comité canadien sur l’histoire du Travail

Roy, Sonya. « Une catégorie de chômeurs à part : les cols blancs de Montréal, 1930-1935 », Labour/Le Travail 84 (automne 2019) : 107-140.

L’étude pénétrante et originale de Madame Roy nous éclaire sur un groupe de chômeurs méconnus durant les années 1930. Les ouvriers cols blancs sans emploi analysés ici dans le contexte montréalais constituent une « nouvelle classe de pauvres », dont l’identification aux valeurs de la classe moyenne les amène à se distinguer des autres ouvriers qui partagent leur désarroi économique. Cette recherche en profondeur dans les journaux et les archives explore les conditions de vie de cette tranche de la classe ouvrière, de même que les réponses individuelles et collectives que les membres de ce groupe ont apportées face à leur situation. Cette étude lève également le voile sur la rhétorique conservatrice des cols blancs qui privilégie le niveau d’instruction supérieur et le sens de respectabilité de ces derniers comme éléments distinctifs au plan social, et qui blâme notamment la présence des femmes sur le marché du travail comme source de leurs difficultés économiques. L’analyse sensible de Madame Roy nous incite à porter une attention particulière à la manière dont les préjugés de classe et de genre ont pu non seulement diviser la classe ouvrière durant les années 1930, mais aussi contribuer à alimenter le discours contemporain sur l’importance à la fois sociale et historique de la classe moyenne.

Prix de thèse - étudiant aux cycles supérieurs

Dunsworth, Edward. “The Transnational Making of Ontario Tobacco Labour, 1925-1990” (PhD, University of Toronto, 2019).

Dunsworth situe le travail des ouvriers cueilleurs de tabac dans un contexte transnational, tout en analysant les changements dans la composition de la main-d’œuvre et l’évolution des processus de travail, au fil du temps. Ainsi, avant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de travailleurs provenant des quatre coins du Canada gonflaient les effectifs des régions productrices de tabac pendant la courte saison des récoltes; plusieurs d’entre eux étaient d’ailleurs des immigrants de fraîche date. Toutefois, à partir des années 1960, cette main-d’œuvre était constituée principalement de travailleurs saisonniers venus d’Europe, des Caraïbes et du Mexique, pour des séjours temporaires, grâce à des programmes gouvernementaux. Les conditions de travail, quant à elles, se modifièrent au fur et à mesure de l’évolution des processus de travail. Ainsi, la mobilité sociogéographique antérieure de ces ouvriers et leur liberté d’expression firent place à un système plus restrictif où les possibilités d’ascension sociale et l’expression des revendications ouvrières devinrent plus difficiles. Malgré tout, Dunsworth a relevé de nombreux cas montrant comment les travailleurs du tabac se sont organisés afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et de vie. Pour rendre compte de l’histoire de cette main-d’œuvre transnationale et hétérogène, l’auteur a mené des recherches au Canada, aux États-Unis, en Jamaïque et à la Barbade, combinant des sources manuscrites et orales. Il en ressort une analyse convaincante sur la migration de la main-d’œuvre et sur les réponses des travailleurs agricoles du tabac face à la transformation de leur environnement de travail au XXe siècle. 

Prix du Comité canadien de l’histoire des femmes

Prix Hilda-Neatby

Article de langue française

Tanguay, Marilou. « La page féminine du Devoir, un « espace public alternatif » ? Une étude de cas des mécanismes d’exclusion et de contrôle du « féminin » et du « féminisme » dans le quotidien (1965-1975) », Revue d’histoire de l’Amérique française, volume 72, numéro 3, hiver 2019, p. 29-59.

Chapitre particulier de l’histoire de la presse, les pages féminines des grands quotidiens ont souvent été associées à une sorte de ghetto journalistique où dominent les thèmes de la mode, de la cuisine et du soin aux enfants. Pour cette raison, on les a conçues comme une instance discursive favorisant la reproduction des rôles sociaux des hommes et des femmes. En étudiant la page féminine du journal Le Devoir du milieu des années 1960 au début des années 1970, Marilou Tanguay dévoile une réalité plus complexe. Elle observe comment, en ces années de réémergence du mouvement féministe, cette tribune a permis d’informer les lectrices sur différents enjeux comme l’avortement, la place des femmes en politique, l’inégalité d’accès aux études supérieures et la discrimination dans le marché de l’emploi. Ainsi, au sein de cet « espace discursif alternatif », des revendications centrales du mouvement des femmes ont pu être relayées. La disparition de la page féminine en 1971, au nom même de la désuétude d’une telle ségrégation, entraîne une diminution paradoxale de l’espace accordé aux questions féministes dans le journal. Le phénomène atteste, selon Tanguay, de la forte persistance d’une culture masculine et sexiste au sein de la sphère médiatique. De cette riche contribution, le jury a apprécié particulièrement la solidité de la démonstration, la vigueur de l’argumentation ainsi que l’attention accordée aux enjeux de l’intersectionnalité.

Mention spéciale 

Poitras, Daniel. « Mettre en scène l’exclusion de l’histoire. Les femmes à l’université et le concours Miss Quartier Latin (1950-1963) », Revue d’histoire de l’Amérique française, volume 72, numéro 3, hiver 2019, p. 41-71.

Le jury attribue une « mention spéciale » à Daniel Poitras pour cette étude d’histoire culturelle qui se distingue par son originalité et sa sophistication. En relisant les sources du mouvement étudiant produites par ses leaders masculins sous un nouvel angle, cet article met en vedette les participantes du concours annuel « Miss Quartier Latin ». L’auteur s’appuie sur cet événement carnavalesque inauguré à l’Université Montréal à partir de 1950, pour observer les tensions introduites au sein de la culture étudiante par l’intégration importante des femmes dans les rangs universitaires. De façon métonymique, le concours révèle tout un ordre symbolique en transformation. Les efforts répétés des organisateurs pour rétablir les rôles de hommes et des femmes au sein de ce haut lieu du savoir signalent assurément l’angoisse associée à une perte de privilèges. Si l’analyse s’attarde à la violence symbolique implicite dans ce rituel annuel, elle détecte aussi les efforts de résistance et de subversion de participantes cherchant à se dégager, à un degré plus ou moins important, des discours normatifs tenus à leur endroit. L’une des qualités de l’article est certes de mobiliser la grille d’analyse des régimes d’historicité au profit de l’histoire du genre ; l’emprunt permet d’éclairer avec plus d’acuité la façon dont les étudiantes — rhétoriquement assimilée à l’éternel féminin — ont été tenues à l’écart de l’histoire en marche.

Article de langue anglaise

Androsoff, Ashleigh. "The Trouble with Teamwork: Doukhobor Women’s Plow Pulling in Western Canada, 1899". Canadian Historical Review 100(4), 540–563.

Avec son analyse perspicace des images de femmes doukhobors effectuant de lourds travaux physiques normalement assignés aux hommes ou aux animaux de trait, la docteure Androsoff démontre comment ces images ont bouleversé les récits traditionnels des expériences des colons dans l'Ouest colonial à une époque où les féministes de la première vague plaidaient pour l'amélioration des droits des femmes au Canada. Enrichissant notre compréhension de l'histoire occidentale, elle explore les motivations des femmes à s'engager dans ce travail « masculin » physiquement exigeant, prouvant ainsi qu'elles étaient des agricultrices ingénieuses et compétentes. Ce faisant, Mme Androsoff apporte une contribution unique à l'histoire des sexes, de la culture et des communautés de colons dans l'Ouest canadien.

Livre de langue anglaise

Korinek. Valerie. Prairie Fairies : A History of Queer Communities and People in Western Canada, 1930-1985. Toronto: University of Toronto Press, 2018.

La lauréate du prix du livre du Comité canadien pour l'histoire des femmes et l’histoire sexospécifique (CCWGH) de cette année est Valerie Korinek pour son livre Prairie Fairies: A History of Queer People and Communities in Western Canada, 1930-1985. Le prix est décerné à chaque deux ans au meilleur livre savant publié par un historien canadien dans le domaine de l'histoire des femmes ou l’histoire sexospécifique. Le livre de la Dre Korinek explore le désir homosexuel dans cinq grandes villes de l'Ouest canadien : Edmonton, Calgary, Regina, Saskatoon et Winnipeg. Rassemblant une riche collection de témoignages oraux et de documents textuels, la Dre Korinek brosse un portrait riche et sensible de la vie quotidienne, des lieux, des communautés et des organisations militantes des femmes et des hommes homosexuels. En historisant le désir homosexuel chez les femmes, Prairie Fairies comble une lacune importante dans le domaine de l'histoire des femmes et l’histoire sexospécifique au Canada, ainsi que dans l'histoire canadienne en général. Nous félicitons la Dre Korinek pour son importante contribution.

Mentions honorables

Guard, Julie. Radical Housewives: Price Wars and Food Politics in Mid-Twentieth-Century Canada. Toronto: University of Toronto Press, 2019.

Le livre de la Dre Guard examine l'histoire de la Housewives Consumers Association (HCA), une organisation nationale de consommateurs militants qui plaidait pour des prix équitables et un gouvernement plus réactif aux besoins des travailleurs et de la classe moyenne. Active de 1937 jusqu'au début des années 1950, la HCA s'est inspirée de la rhétorique maternaliste et de la politique de gauche dans la lutte contre l'insécurité alimentaire. L'analyse de la Dre Guard apporte un nouvel éclairage important sur les liens entre l'action directe et l'activisme des femmes qui ont façonné les débats sociétaux plus larges sur les droits des citoyens et les responsabilités de l'État.
 
Sethna, Christabelle & Hewitt, Steve. Just Watch Us: RCMP Surveillance of the Women's Liberation Movement in Cold War Canada. Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2018.

Le livre des docteurs Sethna et Hewitt s'appuie sur les dossiers de surveillance étonnamment riches de la GRC concernant le mouvement de libération des femmes au Canada. En replaçant ces dossiers dans le cadre plus large du « prisme rouge », les docteurs Sethna et Hewitt explorent la nature de la surveillance de l'État pendant la guerre froide et la façon particulière dont celle-ci a influencé les organisations de femmes luttant contre l'inégalité entre les sexes. Dans un sens plus large, leur livre démontre clairement à quel point les groupes de femmes étaient surveillés, soulignant à la fois les réalités frustrantes de la répression étatique et l'énorme potentiel de résistance de ceux qui étaient jugés politiquement dangereux

Livre de langue française

Lamontagne, Marie-Andrée. Anne Hébert: Vivre pour écrire. Boréal, 2019.

Les membres du jury ont choisi d’accorder le prix du meilleur livre francophone en histoire des femmes à Marie-Andrée Lamontagne, pour Anne Hébert : Vivre pour écrire, paru aux éditions du Boréal, une contribution majeure à l’histoire des femmes de lettres et, plus largement, à l’histoire des femmes. En s’appuyant notamment sur un nombre considérable de témoignages oraux (plus de 80 entrevues menées entre 2005 et 2015) et sur la correspondance d’Anne Hébert et de ses proches, Marie-Andrée Lamontagne offre une biographie riche et nuancée d’une écrivaine singulière qui, si elle n’est pas représentative de l’ensemble des femmes de sa génération, enrichit le tableau des destins possibles pour les femmes du milieu petit-bourgeois nées dans les années 1910 au Québec. L’ouvrage de Marie-Andrée Lamontagne nous a impressionnées pour la qualité de l’écriture, fluide, précise, nuancée. Nous avons apprécié la posture lucide, à la fois sympathique et critique, de la biographe face à son sujet; son habileté à déboulonner des mythes parfois édifiés par Anne Hébert elle-même; la manière dont elle réussit à intégrer la vie et l’œuvre de l’écrivaine sans jamais surinterpréter. En arrière-plan du personnage talentueux, tourmenté, timoré d’Anne Hébert, se dévoile un Québec d’avant la Révolution tranquille où l’on peut observer les relations d’une femme avec une famille (particulièrement avec un père, un frère et une sœur), avec ses ami.e.es; ses rapports à la culture, à la religion, à la santé, son inscription dans un réseau d’influence qui chevauche le Québec et la France. Cet ouvrage, qui n’est pas écrit par une historienne des femmes, nous semble néanmoins incontournable et promis à un rayonnement important à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la discipline qu’est l’histoire des femmes.

Mention Spéciale 

Bouchard, Marie-Pier. Vivre au coeur de paroisses de femmes: dans la région de Charlevoix (1940-1980). PUL, 2019.

Les membres du jury ont choisi d’accorder une mention spéciale à l’ouvrage de Marie-Pier Bouchard Vivre au cœur des « paroisses de femmes » dans la région de Charlevoix (1940-1980). Cet ouvrage, basé sur des entrevues orales avec dix-sept femmes ayant vécu les migrations saisonnières de leur mari navigateur ou bûcheron, éclaire l’expérience collective et intime inédite d'épouses et de mères du monde rural qui doivent « jouer la femme et l’homme » à la fois. Ces femmes se dévoilent pleines d’agentivité dans un contexte parfois rude. L’ouvrage de Marie-Pier Bouchard, basé sur son mémoire de maîtrise, nous permet de saisir leur vision du monde à travers leur propre langage, un langage ancré dans le territoire qu’elles habitent. Il sauve ainsi de l’oubli des voix du passé qui auraient pu disparaître sans faire de bruit et rappelle la grande importance de l’histoire orale dans un monde où tout semble basculer.

Prix du Groupe d’histoire politique

Prix du meilleur article en anglais

Briggs, Jacqueline. “Exemplary Punishment: T.R.L. MacInnes, the Department of Indian Affairs, and Indigenous Executions, 1936-52,” Canadian Historical Review 100, no. 3, (September 2019): 398-438.

Utilisant comme référence T.R.E. MacInnes, un fonctionnaire du ministère des Affaires indiennes, cette analyse bien écrite et méthodologiquement sophistiquée s'appuie sur la théorie de la décolonisation, la criminologie et des recherches approfondies dans les dossiers du ministère pour examiner d’un œil critique les études existantes sur la peine capitale en ce qui concerne les peuples autochtones.  Briggs démontre de façon convaincante que l'élite s'est efforcée d'imposer un contrôle social aux peuples autochtones, et comment ces idées ont été reflétées dans la bureaucratie et influencé la politique dans la première moitié du XXe siècle.

Prix du meilleur livre en histoire politique

Loo, Tina. Moved by the State, Forced Relocation and Making a Good Life in Postwar Canada. UBC Press, 2019.

Moved by the State est une œuvre magistrale. Elle est aussi impressionnante par son ampleur que par le poids intellectuel de son argumentation.  S’appuyant sur des études de cas de l'Arctique à l'Atlantique, au Pacifique et à travers le pays, Loo nous raconte l’histoire des délocalisations forcées au Canada tout en mettant en évidence les liens entre le contexte canadien et les histoires mondiales de développement social et économique.  Elle souligne la façon dont la race, le genre, la classe sociale et le clivage urbain/rural ont modelé de telles délocalisations. Ce faisant, elle accorde une attention particulière aux conflits au sein des communautés ainsi qu’à ceux qui ont surgi entre l’État et les personnes dont le domicile a été ciblé par les programmes de déplacement. Loo reconnaît les tentatives optimistes d’utiliser les ressources publiques afin d’aider les gens et encourager la démocratie participative, mais elle prête également une attention certaine aux limites et aux conséquences inattendues de tels efforts. Ceux qui ont été ciblés par les délocalisations ont trouvé dans la « participation citoyenne » de nouveaux moyens de s’exprimer au pouvoir. À bien des égards, ils ont défini « la belle vie » selon leurs propres termes, en contradiction avec ceux des modernisateurs. Dans son exploration des liens complexes entre le développement, la démocratie et l’autonomisation, Moved by the State nous montre les origines des problèmes politiques auxquels nous sommes encore confrontés aujourd’hui. Il s’agit d’une enquête importante et inspirante sur l’ordre libéral au Canada dans la seconde moitié du XXe siècle.

Mention honorable

Nickel, Sarah A. Assembling Unity: Indigenous Politics, Gender and the Union of BC Indian Chiefs. UBC Press, 2019.

Assembling Unity est une exploration fascinante de l’histoire politique autochtone. S’appuyant sur l’histoire orale, la théorie autochtone et l’analyse sexospécifique, Nickel replace l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UCICB) dans l’histoire plus vaste de l’organisation politique autochtone, ainsi que dans les courants mondiaux de résistance anticoloniale.  Elle explore la façon dont « l’unité » a été comprise et déployée par divers acteurs politiques. Dans cette veine, elle discute de l’impact politique des femmes autochtones, à la fois en tant qu’individus et par le biais d’organisations telles que la British Columbia Indian Homemakers' Association. Elle apporte également une analyse féministe autochtone sur les images et les pratiques des militants politiques autochtones. En s’axant les voix et l’organisation politique des autochtones, Assembling Unity nous donne une nouvelle perspective sur les débats politiques et constitutionnels des années 1970 et 1980. Outre les relations entre l’UCICB et les gouvernements colonisateurs, Nickel met en lumière l’interaction complexe entre et au sein de la base des communautés autochtones et de l’organisation.  Somme toute, cette œuvre constitue une contribution inestimable à l’histoire de la politique autochtone en soi ainsi qu’à notre compréhension des relations entre les peuples autochtones et non autochtones au cours des longues années 1970.

Le prix groupe d’histoire publique
Le prix récompense les travaux qui atteignent des normes élevées de recherche, d'érudition et de présentation originales, qui apportent une contribution novatrice à l'histoire publique et qui servent de modèle pour les travaux futurs, faisant ainsi progresser le domaine de l'histoire publique au Canada.

En 2020, le prix a été remis à trois lauréats :

1. Know History
Le projet vidéo Historic Métis Communities

Le projet vidéo sur les communautés métisses historiques est une série de sept courts métrages documentaires bien produits, réalisés par les communautés et pour les communautés. Fruit de la collaboration entre Know History, la Métis Nation of Ontario et SandBay Entertainment, chaque film en trois actes met en lumière une communauté métisse du nord de l'Ontario, ses origines, ses défis et ses liens avec la communauté métisse contemporaine.

Le jury félicite l'équipe qui a conçu le projet comme un outil pédagogique pour les élèves de la sixième à la dixième année, pour son approche axée sur la communauté et son engagement à raconter ces histoires complexes par le biais du cinéma, et pour la façon dont ces histoires sont ancrées à la fois dans la voix des membres de la communauté et dans les archives.

2. L’équipe : Stacey Zembrzycki (Collège Dawson); Nancy Rebelo (Collège Dawson); Eszter Andor (Musée de l’Holocauste de Montréal); Anna Sheftel (Université Saint-Paul); Philip Lichti (Production multimédia); Joyce Pillarella (conception graphique du guide); Caroline Künzle (traduction); et Antonia Hernández et Corina MacDonald (conception graphique et développement Web)

Les survivants : Ted Bolgar; Fishel Goldig; Paul Herczeg; Muguette Myers; George Reinitz; Tommy Strasser; Musia Schwartz; Renata Skotnicka-Zajdman ; et Sidney Zoltak.
Refugee Boulevard: Être chez soi à Montréal après l'Holocauste

Axé sur la sensibilisation communautaire et l’histoire orale, Refugee Boulevard: Être chez soi à Montréal après l’Holocauste est une promenade audio téléchargeable qui raconte l’histoire de six orphelins de guerre qui sont arrivés à Montréal en 1948. Développée par des chercheurs du Collège Dawson, du Musée de l'Holocauste de Montréal, de l'Université Saint-Paul et des survivants, la visite est ancrée dans une solide érudition, tout en reliant le passé au présent et à l'avenir grâce à des méthodes de sensibilisation communautaire et de recherche collaborative.

La visite est bien conçue et peut être suivie facilement en personne ou à l'aide de services de cartographie en ligne, tels que Google Streetview. La visite démontre admirablement comment les ressources et les méthodologies numériques peuvent accroître et enrichir les formes plus traditionnelles de l'histoire publique. Les anecdotes personnelles des survivants donnent une profondeur au contenu qui est appuyé par un cadre narratif solide et un guide supplémentaire.

3. Musée canadien de la guerre
La Boîte de découverte sur la Seconde Guerre mondiale 

La Boîte de découverte sur la Seconde Guerre mondiale est une expérience d'apprentissage pratique qui est offerte gratuitement à toute classe au Canada pour un prêt de deux semaines. Les coffrets sont composés d'une sélection d'objets originaux et de reproduction du Musée canadien de la guerre, et sont accompagnés de ressources numériques comprenant des aperçus historiques, des documents d'archives, des histoires personnelles et des plans de cours. La Boîte de découverte permet aux élèves de vivre l'expérience muséale à l’extérieur de la capitale canadienne et de la faire connaître aux autres élèves du pays.

Le comité a été impressionné par le fait que le contenu de la Boîte à découvertes de la Seconde Guerre mondiale repose sur une solide base scientifique, tout en adaptant la pratique historique à des élèves de tout âge. Cela permet de promouvoir les meilleures pratiques de la pensée historique pour les enseignants et les étudiants, et en tant que tel, cela reflète l'importance du croisement entre l'histoire publique et l'enseignement de l'histoire.

Prix du Groupe d'histoire autochtone

Prix du meilleur article


Whetung, Madeline. “(En)Gendering Shoreline Law: Nishnaabeg Relational Politics Along the Trent Severn Waterway.” Global Environmental Politics 19, no. 3 (August 2019): 16–32.

« (En)gendering Shoreline Law » est une excellente contribution à l’histoire des Mississaugi, l’histoire des traités et l’histoire de l’Ontario. Témoignant d’une grande sensibilité pour les ontologies des Anishinaabe, Whetung conjugue la recherche dans les archives et les histoires orales pour critiquer l’importance de la Voie-Navigable-Trent-Severn dans la mythologie coloniale. Les Anishinaabe sont replacés au centre des emplacements et des cours d’eau du territoire Michi-Saagig. En ce faisant, Whetung confère une visibilité à l'énorme impact des activités économiques des non-autochtones sur les terres et les affluents de cette région, et révèle en outre l'impact de ces activités sur les responsabilités des Anishinaabekwe en matière d'eau.

McCracken, Krista. "Challenging Colonial Spaces: Reconciliation and Decolonizing Work in Canadian Archives." Canadian Historical Review 100, no. 2. (June 2019): 82–201.

« Challenging Colonial Spaces » est une contribution remarquable aux complexités des relations du pouvoir dans les archives. Ancrée dans son expérience comme archiviste aux archives du Shingwauk Residential Schools Centre, McCracken utilise la littérature de la décolonisation et l’histoire de la colonisation pour démontrer comment les pratiques archivistiques traditionnelles sont infusées dans les systèmes coloniaux du pouvoir. Si le Canada veut respecter les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, la Déclaration de Nations Unies sur les droits des peoples autochtones et les « Principes Joinet-Orentlicher » de l’ONU, la communauté des archivistes doit décoloniser. Même si cette tâche ne sera pas facile, MacCracken considère que la décolonisation des archives doit se faire avec les partenaires autochtones. La lecture de cet article nous offre des suggestions tangibles pour y arriver.

Prix du livre

Nickel, Sarah.  Assembling Unity: Indigenous Politics, Gender, and the Union of BC Indian Chiefs (Vancouver: UBC Press, 2019).

En faisant contraste avec le rôle joué par les chefs de bandes, les femmes et la base militante impliqués dans le développement idéologique de l’Union des chefs de la Colombie-Britannique (UBCIC), Sarah Nickel offre une contribution importante à notre compréhension du leadership autochtone contemporain, et notamment de sa dimension genrée. À partir d’une solide recherche en archives, combinée à des entrevues avec d’anciens leaders, Nickel propose une analyse sophistiquée des enjeux liés à la recherche d’un consensus au sein du mouvement politique autochtone. Elle-même membre de la Première Nation Tk'emlups te Secwepemc, Nickel nous offre un ouvrage soigné, concis et solidement argumenté, qui constitue un modèle pour les futures recherches sur les dynamiques politiques à l’œuvre non seulement parmi les Premières Nations, mais dans l’ensemble de la société canadienne.

Prix du Groupe d’histoire de l’enfance et de la jeunesse

Barclay, Katie. “Love, Care and the Illegitimate Child in Eighteenth-Century Scotland,” Transactions of the RHS 29 (2019), pp. 105-125.

Dans un style sophistiqué, Barclay illustre comment la légitimité - ainsi que le genre, la classe sociale et la parenté - ont façonné les expériences des enfants en Écosse au XVIIIe siècle, surtout en ce qui a trait à leurs expériences d'amour et de soins. Le comité a été particulièrement impressionné par la distinction que Barclay fait entre prendre soin des enfants et se soucier d'eux, en recadrant notre compréhension des circonstances matérielles et affectives des enfants. Son analyse minutieuse de documents d’audiences de tribunal et de séances d'église ainsi que de lettres personnelles entre les relations d'enfants illégitimes révèle les sortes d’approches de parentalité « dispersées » que les enfants illégitimes ont reçus.
« L'amour », soutient-elle de façon convaincante, « était un produit social, encadré et façonné par et à travers les réseaux sociaux, économiques et juridiques dans lesquels l'enfant était positionné. » Rédigé dans une belle écriture, l’article de Barclay aborde la littérature sur le maternage, les émotions et la loi, sous un nouvel angle pour pouvoir examiner l’affection et les liens familiaux.

Mention honorable

Millions, Erin. “Portraits and Gravestones: Documenting the Transnational Lives of Nineteenth-Century British-Métis Students,” Journal of the Canadian Historical Association 29:1 (2018): 1-38.

Les expériences des jeunes voyageant entre leurs domiciles dans les territoires de la Compagnie de la Baie d’Hudson vers les colonies canadiennes et la Grande-Bretagne pour leur éducation font l’objet de l’étude fascinante de Millions. Millions analyse ses sources avec perspicacité, fait le lien entre les portraits et les pierres tombales de jeunes métis britanniques et des documents d'archives pour éclairer un domaine négligé de l'histoire du commerce des fourrures : la mobilité transnationale, les liens de parenté et les identités multiculturelles des enfants anglophones et protestants des familles de commerçants de fourrures. Sa discussion des sources est riche et soulève d’importantes questions méthodologiques sur la visibilité des enfants dans les fonds d’archives. Son analyse révèle les privilèges et les risques conférés aux jeunes métis britanniques par leurs expériences éducatives loin de chez eux. Millions met en lumière les pratiques éducatives coloniales antérieures aux pensionnats industriels et résidentiels de l'Ouest dans un style clair et compréhensible.

 Prix du Comité canadien d’histoire de la sexualité

Chenier, Elise. “Love-Politics: Lesbian Wedding Practices in Canada and the United States from the 1920s to the 1970s,” Journal of the History of Sexuality 27, no.2 (May 2018): 294-321.

L'article d'Elise Chenier est une recherche historique complexe et provocatrice sur les pratiques de mariage homosexuel en tant que forme d'activisme et de politique de l'amour, en utilisant une formulation théorique tirée des travaux de Jennifer Nash sur la pensée féministe noire. Tissant un dossier historique des pratiques de mariage entre personnes de même sexe dans l'histoire du Canada et des États-Unis avec une théorie de la justice basée sur la collectivité et la politique de l'amour, Chenier démontre comment les mariages ont été utilisés comme une plateforme sociale pour s'éloigner des politiques identitaires et se rapprocher du radicalisme tout en adoptant « le rituel public le plus déterminant de l'hétérosexualité ». Dans le cadre de ce paradigme, Chenier présente des exemples historiques qui mettent l'accent sur le travail politique et la transformation du monde dans les communautés et la vie de butches, de fems, de studs et de poissons, alors qu'elles négociaient leur activisme comme une « affirmation radicale de l'amour-propre et de la dignité homosexuelle ». La contribution éclairante et significative de Chenier s'engage dans les débats fondamentaux de l'histoire de la sexualité tels que la race, la politique de libération contre celle de l'égalité, l'utilisation de l'histoire orale, l'activisme des gays et des lesbiennes, et la surveillance dans une multiplicité de contextes incluant l'armée, les bars et les quartiers.

Mention honorable

Ross, Becki L. & Hamilton, Jamie Lee. “‘Loss Must Be Marked and It Cannot Be Represented’: Memorializing Sex Workers in Vancouver’s West End,” BC Studies 197 (Spring 2018): 9-38.

Dans une discussion émouvante et poignante sur l'activisme communautaire, la politique civique et la commémoration des expériences des travailleurs du sexe à Vancouver, Becki L. Ross, universitaire militante, et feue Jamie Lee Hamilton, activiste communautaire des travailleurs du sexe, offrent un rare aperçu des épreuves et des succès nés d'une collaboration remarquable et d'une profonde amitié. Ross et Hamilton documentent l'activisme politique et la politique émotionnelle qui ont ponctué leurs efforts pour « honorer la résilience des « prostituées de la Davie » » alors que des femmes autochtones du Downtown Eastside de Vancouver disparaissaient et/ou étaient assassinées. Les auteures centrent leurs discours sur le déplacement, la lutte et la violence afin d'amener le lecteur à comprendre la signification historique de leur engagement à commémorer les travailleuses du sexe de rue travaillant dans le West End de la fin des années 1960 à 1984 avec un lampadaire commémoratif. Dans l'ombre du décès prématuré de Jamie Lee Hamilton le 23 décembre 2019, l'article a pour fonction de documenter et d'archiver le travail, la vie et l'esprit d'une acteur politique majeur.

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