Le 9 septembre 2020
Jaime Alfonso Mora, PSS
Secrétaire provincial
Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, Province du Canada
Madame Nathalie Roy
Ministre de la Culture et des Communications
Gouvernement du Québec
Ministre Roy et secrétaire provincial Mora,
La Société historique du Canada (SHC) se joint à de nombreuses organisations pour exprimer son inquiétude au sujet des archives et des artefacts de la Société des Prêtres de Saint-Sulpice, Province du Canada. Ces archives sont non seulement importantes pour l’histoire de Montréal et du Québec, mais elles constituent également des éléments essentiels de l’histoire du Canada. La SHC représente des historiens professionnels au Canada et le licenciement soudain du personnel des archives sulpiciennes est une question d’importance nationale car il met la collection en danger. Il est de la plus haute priorité que ces archives et ces artefacts soient préservés, conservés et mis à la disposition des Québécois et des autres Canadiens pour qu’ils puissent les consulter dans les siècles à venir.
Les archives de la Société des Prêtres de Saint-Sulpice sont parmi les plus anciennes, les plus grandes, les mieux conservées et les plus importantes archives privées au Canada. La collection est immense, composée d’un kilomètre de boîtes d’archives alignées bout à bout, de quelque 8 000 cartes et plans et de 75 000 artefacts ainsi que de nombreux livres rares. Les Sulpiciens, la plus importante communauté religieuse masculine de la Nouvelle-France, ont joué un rôle majeur dans l’histoire du Québec du XVIIe siècle au XXe siècle. Une grande partie de l’histoire religieuse, économique et intellectuelle des débuts du Québec et du Canada est préservée dans ces documents. Les archives contiennent également de précieuses informations sur l’histoire des relations entre les autochtones et les colons, y compris celles qui éclairent l’histoire moderne d’Oka. Au-delà de son importance régionale, l’histoire des Sulpiciens est un reflet de l’histoire de l’Église catholique en Occident au cours des trois derniers siècles et une fenêtre importante sur l’histoire du Canada.
Au nom de tous les Canadiens, nous vous demandons instamment de trouver un moyen de poursuivre le travail de protection, de conservation et d’accès à cette collection inestimable et irremplaçable qui est aujourd’hui en danger.
Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués,
Penny Bryden
Présidente
Voir aussi la lettre de l’Institut d’histoire de l’Amérique française affichée sur le site de Histoire Engagée le 24 août 2020.