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Programmes scolaires de la maternelle à la quatrième année de l’Alberta

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Ottawa, 9 novembre 2020

La réponse du Premier Ministre Kenney  (en anglais)

Premier Jason Kenney
Bureau du Premier minitre
307 Legislature Building
10800 – 97 Avenue
Edmonton, Alberta
T5K 2B6
premier@gov.ab.ca

Ministre Adriana LaGrange
Ministère de l’éducation
Commerce Place
7th Floor – 10155 102 Street NW
Edmonton, Alberta
T5J 4L5
education.minister@gov.ab.ca

Monsieur le Premier ministre Kenney et Madame la ministre LaGrange,

Je vous écris au nom de la Société historique du Canada, l’organisation qui représente les historiens professionnels et universitaires au Canada, pour vous faire part de notre inquiétude concernant les révisions proposées aux programmes scolaires de la maternelle à la quatrième année de l’Alberta.

Nous savons qu’en envisageant des réformes des programmes scolaires, votre gouvernement vise à mieux préparer les élèves à devenir des citoyens engagés et actifs à l’âge adulte.  Pour devenir des participants actifs et informés de notre démocratie, il est important qu’ils connaissent non seulement notre histoire, mais qu’ils aient aussi les compétences intellectuelles pour la comprendre.  Nous partageons ces objectifs.

La méthode classique pour enseigner l’histoire et les études sociales, jusqu’à il y a une trentaine d’années, consistait à décider des faits que les étudiants devaient connaître et à leur demander de les mémoriser.  Les recherches menées au cours des quarante dernières années démontrent que les élèves oublient tous ces faits mémorisés, sauf quelques-uns, dans les mois qui suivent la fin d’un cours particulier, que cette méthode pédagogique a en fait pour effet de détourner les élèves de leur intérêt pour l’histoire et l’apprentissage tout au long de la vie, et que les élèves n’acquièrent pas les compétences de pensée critique nécessaires pour être en mesure de comprendre les leçons de l’histoire.  En d’autres termes, notre méthode coutumière fait non seulement perdre du temps à tout le monde, mais elle est improductive.

Les recherches sur l’enseignement de l’histoire démontrent qu’il est beaucoup plus efficace d’enseigner aux élèves comment comprendre le passé, comment les leçons du passé peuvent être utilisées à l’heure actuelle, et comment faire la différence entre l’histoire basée sur des faits et les récits fictifs du passé. Peter Seixas, directeur du Projet de la pensée historique de l’UBC et Samuel Wineburg ont dirigé la recherche dans ce domaine et ont indiqué que, s’il est important que les étudiants comprennent la chronologie de l’histoire pour être des citoyens actifs, ils peuvent et doivent apprendre à évaluer les preuves historiques pour en déterminer la validité, à comprendre les causes et les conséquences et à être capables de comprendre la signification des événements historiques. Malheureusement, le nouveau programme scolaire ne tient pas compte de l’érudition moderne dans ce domaine.

L’un des objectifs de l’enseignement des études sociales est d’amener nos jeunes citoyens à un ensemble commun de connaissances et de compréhension afin de construire les liens de la communauté, de la province et de la nation.  La population de l’Alberta et du Canada est composée d’autochtones et d’immigrants du monde entier, certains récents, d’autres dont les ancêtres sont arrivés il y a des centaines d’années.  Tous doivent pouvoir se voir, ainsi que leurs ancêtres et leur histoire, reflétés dans le programme d’études sociales si l’objectif est de construire une société multiculturelle, ouverte et démocratique.  L’initiation des élèves aux idées de diversité, d’égalité et de droits de la personne, de la maternelle à la quatrième année, est le meilleur procédé que nous ayons pour bâtir une société exempte de racisme et de préjugés.  Le programme proposé supprime en fait un grand nombre de ces caractéristiques essentielles qui existent dans le programme actuel.

Nous vous invitons à mettre de côté les changements proposés.  Plutôt que de revenir trente ans en arrière en Alberta, à une époque où personne n’aimait ses cours d’études sociales, nous vous encourageons à regarder vers l’avenir et à poursuivre vos propres objectifs de former des citoyens engagés et conscients.  Le nouveau programme scolaire de l’Alberta devrait refléter le modernisme, le dynamisme et la diversité de la province, et devrait être créé par des enseignants, des historiens et des experts en pédagogie des études sociales qui peuvent faire en sorte que cela se réalise.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes sentiments distingués,

Penny Bryden
Présidente
Canadian Historical Association / Société historique du Canada