18 avril 2019
Patrick Borbey, président
Commission de la fonction publique
Gouvernement du Canada
22, rue Eddy
Gatineau, Québec  K1A 0M7

 Réponse (en anglais) du Conseil du Trésor du 24 juillet 2019 

Cher Président Borbey,
Au nom de la Société historique du Canada, l'organisme professionnel qui représente plus de 800 historiens et historiennes employés dans les universités, au gouvernement et dans le secteur privé au Canada, je vous écris pour demander une modification aux annonces d'emploi de la Commission de la fonction publique.  Les exigences habituelles de la CFP en matière de formation pour les postes de la fonction publique fédérale qui exigent de solides compétences en analyse, en recherche et en communication se lisent comme suit : « Un grade d'un établissement postsecondaire reconnu avec spécialisation acceptable en économie, sociologie ou statistique. »

Je joins à la présente lettre un échantillon des postes présentement affichés sur la page « Recherche d'emploi » de la CFP à l'intention des analystes dans votre Commission de la fonction publique, Statistique Canada, Services publics et Approvisionnement Canada, la GRC, Emploi et Développement social Canada - Service Canada et Environnement et changements climatiques Canada - Direction de la politique stratégique / Direction de la politique en matière de durabilité qui exigent tous la même formation : un diplôme en « économie, sociologie ou statistiques. »  

Je peux vous démontrer que les compétences d'un diplômé en histoire seront équivalentes et, dans bien des cas, plus avantageuses que les disciplines spécifiées.

Les diplômés titulaires d'un baccalauréat ès arts en histoire possèdent :
D’excellentes aptitudes en communication écrite et orale. Il est pratique courante, dans les départements d'histoire, que les étudiants rédigent des travaux d’écriture exhaustifs de longueurs variées, ceux-ci sont par la suite évalués et corrigés afin d'améliorer leurs compétences en rédaction.  Les étudiants doivent aussi faire régulièrement des présentations orales de leur recherche en classe et participer à des discussions et de faciliter celles-ci. Les diplômés peuvent généralement interpréter des sujets complexes et les rendre plus facilement compréhensibles dans le cadre de présentations écrites et orales.

D’excellentes compétences en recherche. Les étudiants en histoire sont tenus, dans tous les établissements, d'effectuer une variété de travaux de recherche allant de l'exploration d'ensembles de données en ligne aux archives historiques.  Experts dans l'utilisation des données en ligne, beaucoup d’entre eux sont également experts dans la recherche de données qui ne sont pas en ligne, et qui existent sous différents formats (cartes, photos, interviews orales, vidéo, film) et dans des dépôts insolites (archives d’entreprises, dossiers techniques municipaux, dossiers d’hôpitaux, etc.). Les étudiants en histoire sont tenus de lire beaucoup et de porter une attention particulière aux détails.

Compétences analytiques et organisation de matériel complexe. C'est ici que les diplômés en histoire excellent. Le travail d'un historien consiste à évaluer des données complexes, souvent contradictoires et généralement incomplètes provenant de diverses sources, à établir une chronologie des événements, à évaluer les préjugés et à tirer des conclusions fondées sur une évaluation de plusieurs variables.

Analyses multi-échelles. Les historiens ont l'habitude d'évaluer les tendances historiques qui ont mené aux conditions socio-économiques actuelles, une connaissance de l'échelle de temps qui est nécessaire pour évaluer les problèmes actuels et les politiques en vue de solutions futures. Les historiens passent aussi souvent de la recherche à l'échelle microéconomique à des conclusions à l'échelle macroéconomique.

Compétences interpersonnelles. Les historiens qui ont des points communs avec d'autres disciplines des humanités acquièrent généralement des compétences générales comme celle de savoir lire entre les lignes, de s'exprimer avec respect et d’être capables d'écouter, d'évaluer et de réfléchir.
Jetez un coup d'œil à cette page Web où des consultants en communication, des analystes des opérations, des conseillers en relations internationales, des concepteurs, des agents de recherche et des directeurs généraux qui vantent tous la valeur de leur diplôme en histoire https://historydegreediplomehistoire.blog/. Ou cette page, où le PDG de la plus grande caisse populaire du Canada, l'actuel ministre de la Justice et un gestionnaire de l'information policière partagent tous le même point commun : un diplôme en histoire. https://www.uvic.ca/humanities/history/future-students/undergraduate/careers-in-history/index.php  
 
D'autres ont observé la même chose en ce qui a trait aux humanités et aux arts libéraux dont l'histoire est une discipline centrale.  Il y a quelques années, Marissa Mayer, vice-présidente des produits de consommation chez Google, a déclaré : « Nous traversons une période de croissance incroyable et nous embaucherons environ 6 000 personnes cette année - et probablement de 4 000 à 5 000 de ces personnes proviennent du domaine des sciences humaines ou des arts libéraux. »  Steve Sadove, PDG de Saks Fifth Avenue, a déclaré : « Les gestionnaires qui réussissent communiquent bien, établissent des relations et créent un environnement où les employés peuvent faire de leur mieux. En d'autres termes, ils mettent en pratique les compétences les plus étroitement associées à une éducation en sciences humaines, où l'accent est mis sur la participation, la communauté et le fonctionnement au sein d'une équipe. » Plus d'un tiers des chefs de la direction de Fortune 500 sont titulaires d'un diplôme en arts libéraux, y compris Ken Chenaul, chef de la direction d'American Express, et A.G. Lafley, PDG de Proctor and Gamble, diplômé en histoire. Près de la moitié des membres actuels du Cabinet fédéral sont titulaires d'un diplôme en sciences humaines.

À la lumière de ces constatations, je vous demande respectueusement d'ajouter l'histoire comme diplôme admissible dans votre annonce standard pour des analystes et postes connexes.  Nous serions heureux de vous rencontrer pour discuter plus en détail les ressources que les candidats ayant une formation dans la discipline de l'histoire pourraient apporter à la fonction publique fédérale.  Je me réjouis à la perspective de recevoir vos commentaires.
 Cordialement

Dr. Adele Perry, présidente
Société historique du Canada
 
 

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