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Lancement du blogue apprendre | enseigner de la SHC

Permettez-moi de commencer ce blogue en faisant une déclaration audacieuse, non étudiée, anecdotique, entièrement présentiste, et non sans émotion : enseigner l’histoire est beaucoup plus difficile qu’avant.

Je me souviens de mes cours de premier cycle dans les années 1990. Le plan de cours faisait peut-êtreune demi-page. Il contenait le titre de la classe, une liste des livres requis et les coordonnées du professeur. Nous ne savions pas qu’il fallait en demander plus. L’utilisation de la technologie en classe s’étendait du tableau noir à un rétroprojecteur, utilisé avec parcimonie par la plupart des professeurs. Lors de journées spéciales, on nous montrait des films granuleux sur un VCR avec des sous-titres que je pouvais à peine distinguer compte tenu des problèmes d’images.

Personne ne se plaignait.

Chaque cours comportait trois responsabilités : l’examen de mi-session, la rédaction d’un texte durant le semestre et un examen final. Tous ces travaux avaient une valeur d’au moins 30 % de la note globale. Il s’agissait de travaux que des dizaines d’étudiants avant moi avaient déjà écrit, c’était la norme dans le temps. Il s’agissait en quelque sorte de rites de passage. Nous ne nous attendions à rien d’autre.

Bien que les salles de classe aient été diversifiées en termes de genre et d’ethnicité, je ne me souviens de rien au sujet des « styles d’apprentissage différents », de l’accessibilité ou des tâches « d’échafaudage ».  Je me souviens, avec horreur, de moments où l’inclusivité était exactement le contraire de ce que l’on encourageait dans une classe.

Je ne sais pas si apprendre maintenant est facile, mais je peux dire avec confiance que ce n’était pas facile à l’époque. C’était, en grande partie, une entreprise de bricolage. Est-ce que le vent a tourné à ce moment-là ? Je crois que l’essor des centres d’enseignement et d’apprentissage dans les universités, des endroits où les étudiants ont accès à toutes sortes de défis d’apprentissage et de plus en plus d’outils et de ressources pour les enseignants, ont eu une plus grande visibilité dans les années 1990. Il y a certainement beaucoup plus de soutien, comme la Society for Teaching and Learning in Higher Educationou le projet en phase opérationnelle pilote de réflexion historique Historical Thinking Project. Mais est-ce que ça rend les choses plus faciles ?

Les plans de cours prennent maintenant des heures et des heures à écrire. Parfois, je me retrouve paralysée à l’idée d’enseigner quelque chose. Je veux créer un espace inclusif, et décoloniser la salle de classe, et étayer mes travaux, et rendre tout accessible, et être disponible, et être juste et précise dans mes grilles d’évaluation toujours affichées, et couvrir un contenu dont je n’ai pas confiance à 100% parce qu’il ne faisait pas partie de mon programme de doctorat mais qui est essentiel au cours, et être créative dans mon approche de sujets tout en encourageant également une bonne fondation, et offrir un apprentissage expérientiel, et une approche axée sur les étudiants, et une histoire qui relie « la réalité » et les emplois ! et les quatre piliers d’action de mon université ou peu importe comment ils s’appellent, et peut-être même faire une classe inversée la prochaine fois que j’enseignerai ce cours et que je préparerai mieux mes aides-enseignants (même si cela ne compte pas comme enseignement supérieur), et…

Je dois aussi finir ma monographie.

Si tout cela vous semble familier, cher lecteur, et que vous êtes aux prises avec les défis de l’enseignement et de l’apprentissage de l’histoire au Canada, nous le sommes aussi ! Bienvenue. Nous sommes le Comité de l’enseignement et de l’apprentissage du Conseil d’administration de la SHC, dont les membres intrépides sont Jo McCutcheon, Carly Ciufo et moi-même. Nous admettons d’emblée que nous n’avons pas « les réponses ». Mais nous avons cet espace pour discuter des réponses possibles et, certainement, des défis à relever.
Dans les articles à venir, nous présenterons des entrevues avec des lauréats de prix d’excellence en enseignement, des articles d’invités, des rééditions d’anciens articles du « Coin des enseignants » d’Intersections(anciennement le Bulletin), et plus encore ! Ce blogue est un espace où les gens peuvent partager la façon dont ils ont abordé des questions d’enseignement et d’apprentissage de l’histoire, les défis et les solutions qu’ils ont découverts et la célébration de leurs succès. Si vous ou quelqu’un que vous connaissez aimerait contribuer à ce blogue, nous serions heureux que vous nous le disiez. Veuillez m’envoyer un courriel à danielle.Kinsey@carleton.ca.

En examinant les procès-verbaux précédents du Conseil d’administration de la SHC, j’ai trouvé un rapport déposé en novembre 2013 qui décrivait bien un bref historique des initiatives de la Société en matière d’enseignement. Depuis les années 1970, et sans doute bien avant, les membres du Conseil de la SHC ont discuté de l’attention accordée à l’enseignement et aux enseignants au sein de la Société, de ses publications et de sa Réunion annuelle. En 1976, un « Comité sur l’enseignement de l’histoire » a été créé pour « enquêter sur l’état de l’enseignement de l’histoire au Canada, conseiller le Conseil d’administration sur la façon dont la SHC peut aider à faire avancer l’enseignement de l’histoire et donner une voix aux professeurs d’histoire dans les affaires générales de la SHC et son programme annuel ». En 1984, le comité a entrepris de publier dans le Bulletinde la SHC des articles qui « se concentreraient sur des façons novatrices d’enseigner des cours d’initiation à l’histoire : plans de cours, manuels scolaires et lectures de livres appropriés, travaux et examens, nouveaux cours, etc. ». Dans les années 1990, les efforts ont porté sur la publication d’un bulletin d’information de la CHA/SHC, la création d’un nouveau comité national sur l’enseignement de l’histoire dans les écoles secondaires et « la création d’un forum qui pourrait aider les professeurs d’histoire universitaires et d’écoles secondaires à surmonter certains des obstacles causés par les institutions et la géographie pour discuter ensemble des problèmes et des intérêts communs ». On peut dire sans risque de se tromper que la SHC cherche depuis des décennies des moyens de promouvoir la culture de l’enseignement parmi ses membres.

Malgré ces initiatives, le comité s’est enlisé après un certain temps.  En 2014, il a été redémarré en tant que portefeuille permanent au sein du Conseil sous la direction de Lisa Todd. Un sujet de conversation perpétuelle est la question d’un prix d’enseignement ou, en fait, de prix à décerner dans le cadre des nombreux prix de la SHC.  À l’heure actuelle, nous n’avons pas de prix de ce genre. En regardant ceux de l’AHA, elle récompense les enseignants et l’enseignement avec une poignée de prix, mais certainement rien qui se compare à ses nombreux prix sur la recherche. Vous avez des idées bien arrêtées sur la situation et vous aimeriez les diffuser dans un billet de blogue invité ? Nous serions ravisde le recevoir. Mais gardez l’œil sur cet espace parce que le travail sur cette question sera en cours !

C’est dans cet esprit que nous lançons le blogue ! Restez à l’écoute pour en savoir plus !

Danielle Kinsey
Danielle.Kinsey@carleton.ca
Jo McCutcheon
Jo.McCutcheon@archivists.ca
Carly Ciufo
ciufoc@mcmaster.ca