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Elizabeth McKenzie & Ian Mosby

Le prix du meilleur article en histoire autochtone

2025

Elizabeth McKenzie Ian Mosby

Elizabeth McKenzie & Ian Mosby, “Reconciling the Ledger: The Rupert’s Land Purchase, Settler Capitalism, and Indigenous Dispossession on the Prairies”. RSHC, vol. 34, no 1 (2024).

L’ouvrage d’Elizabeth McKenzie et Ian Mosby intitulé « Reconciling the Ledger: The Rupert’s Land Purchase, Settler Capitalism, and Indigenous Dispossession on the Prairies » offre une nouvelle perspective sur l’une des transactions immobilières les plus emblématiques de l’histoire du Canada, à savoir l’achat de la Terre de Rupert en 1870. Cet article apporte une contribution importante à l’histoire des traités en remettant en question les récits populaires sur l’achat de la Terre de Rupert et en replaçant cette vente dans le contexte du capitalisme colonial et du transfert illégal de terres autochtones volées. En se concentrant sur les protestations contemporaines contre la vente par les dirigeants Nêhiyawak (Cris), Nahkawé (Saulteaux) et Métis, McKenzie et Mosby révèlent les frustrations exprimées par les dirigeants autochtones au sujet de la vente par la Compagnie de la Baie d’Hudson de terres qui ne lui appartenaient pas. Les auteurs présentent un examen minutieux des implications financières et matérielles de cette transaction foncière, tant au moment de l’achat qu’au cours du XXe siècle. Leur travail est essentiel pour comprendre comment le capitalisme colonial a fonctionné dans les Prairies en collaboration avec la dépossession des Autochtones.

S’appuyant sur des recherches menées à partir de sources primaires issues des archives du gouvernement fédéral et de la Compagnie de la Baie d’Hudson, les auteurs fournissent un compte rendu détaillé de la répartition très inégale des terres entre la Compagnie de la Baie d’Hudson et les communautés signataires des traités à la suite du transfert des terres par charte royale de la Compagnie de la Baie d’Hudson au gouvernement du Canada. Alors que les Premières Nations ont reçu environ trois millions d’acres dans des réserves grâce aux traités 1 à 7 (1871-1877), la Compagnie de la Baie d’Hudson a reçu plus du double de cette superficie (6,6 millions d’acres) sur le même territoire. Les auteurs comparent de manière critique l’argent reçu pour les terres (par la Compagnie de la Baie d’Hudson par le biais de l’acte de cession et par les Premières Nations par le biais des paiements annuels prévus par les traités), ainsi que la répartition (et la qualité) des terres elles-mêmes par le biais des traités, des titres fonciers métis, des concessions foncières du Dominion Land Survey et des terres de la Compagnie de la Baie d’Hudson. McKenzie et Mosby apportent en outre une correction au récit commun du transfert de la Terre de Rupert en soulignant que la « vente » a été conclue avant que les traités numérotés aient été négociés et finalisés (ce qui rendait la vente illégale et contraire aux lois britanniques et canadiennes).

« Reconciling the Ledger » est un ajout important à la discipline de l’histoire autochtone et des relations entre Autochtones et colons, car il illustre de manière flagrante comment la politique coloniale et le capitalisme des colons ont façonné les revendications territoriales des Autochtones au XIXe siècle et au-delà. L’article de McKenzie et Mosby est un ajout bienvenu à tout programme d’histoire et mérite amplement ce prix.