Récent.e.s lauréat.e.s
Le prix du livre du Comité canadien de l’histoire des femmes et du genre
Janice Harvey, Their Benevolent Design: Conservative Women and Protestant Child Charities in Montreal. McGill-Queen’s University Press, 2024.
Dans In Their Benevolent Design, Janice Harvey explore avec force deux institutions caritatives influentes dirigées par des femmes qui venaient en aide aux femmes et aux enfants démunis dans le paysage complexe de l’aide sociale du Montréal du XIXe siècle. Alliant des approches d’histoire sociale et institutionnelle, l’ouvrage retrace les générations successives de femmes protestantes conservatrices issues de l’élite qui revendiquaient un rôle actif et autoritaire dans ce domaine, ainsi que la manière dont les familles de la classe ouvrière ont utilisé le système ainsi créé à leurs propres fins. Une recherche rigoureuse, une écriture sensible et une maîtrise approfondie d’une vaste historiographie internationale permettent à Janice Harvey de mettre en lumière à la fois les opportunités et les limites engendrées par les idéologies de genre, de classe et de religion qui ont façonné ces institutions. Tout en reconnaissant ouvertement les aspects problématiques de la prise en charge institutionnelle féminisée, l’ouvrage invite délicatement les lecteurs à se demander si sa disparition dans les années 1920 au profit de la « charité scientifique » a réellement constitué le bien absolu que les réformateurs prétendaient.
MENTION HONORABLE :

Katherine Crooks, At Home in the Cold: Domestic Culture in Arctic Exploration, 1890-1940. McGill-Queen’s University Press, 2025.
Remettant en question les conceptions conceptuelles et spatiales qui définissent le foyer d’une personne sur la base d’idées statiques de localisation, At Home in the Cold est un récit fascinant sur l’exploration de l’Arctique qui invite les lecteurs à reconsidérer le rôle de l’idéologie domestique dans le développement culturel de la société nord-américaine. À travers une analyse comparative des femmes blanches et des femmes autochtones du Nord dont les voyages ont traversé les régions septentrionales du continent entre 1890 et 1940, Katherine Crooks met à nu les idées reçues sur la féminité tout en démontrant l’existence d’un éventail beaucoup plus large d’interactions coloniales avec le monde naturel. Alliant géographie historique, histoire environnementale et études de genre dans un récit captivant, cet ouvrage novateur offrira aux historiens de l’histoire des femmes de nombreuses pistes pour remettre en question leur réflexion.