Récent.e.s lauréat.e.s
Le prix Hilda Neatby Article de langue anglaise
Katherine McKenna. « Women’s Agency in Upper Canada: Prescott’s Board of Police Record, 1834-50, » Histoire sociale/Social History.
Grâce à l’utilisation judicieuse d’une source documentaire originale, les dossiers judiciaires, Katherine McKenna apporte un éclairage nouveau sur la vie des femmes des classes populaires dans la société du Haut-Canada, et modifie le portrait que nous en avions. Son article nous offre un exposé convaincant des différences entre les femmes de la classe moyenne et celles des classes populaires. L’auteure démontre la conduite transgressive de ces dernières et leurs efforts déterminés en vue d’utiliser la loi pour faire en sorte que justice leur soit rendue. Elle montre également que les femmes des classes populaires perdent graduellement leur emprise sur les valeurs morales de la communauté au fur et à mesure que la mise en application de la loi se concentre aux mains des pères de la cité. Mais, en dépit de l’application patriarcale de la lettre de la loi, on ne peut ignorer que les femmes des classes populaires font preuve d’une étonnante capacité d’action et de représentation, dans leurs tentatives d’utilisation de l’appareil judiciaire local pour se forger une dignité et une sécurité.
Mention honorable
Pamela Sugiman. « Passing Time, Moving Memories: Interpreting Wartime Narratives of Japanese Canadian Women. » Histoire sociale/Social History.
Dans son étude sur les récits des Canadiennes d’origine japonaise pendant la deuxième guerre mondiale, Pamela Sugiman combine l’histoire orale, l’analyse de lettres qui avaient été dérobées et censurées et que l’État a maintenant en sa possession, ainsi que ses propres réflexions autour de la notion de mémoire. Elle intègre le tout dans une analyse de l’expérience vécue par ces femmes durant leur internement. Cette analyse, qui est d’une vive intensité et d’une portée significative, prouve la valeur de l’histoire orale et bouleverse l’idée d’une adaptation tranquille des Canadiennes d’origine japonaise à leur internement. Au contraire, l’auteure montre que ces femmes ont opposé une résistance critique aux mesures d’internement et qu’elles savaient ces mesures profondément racistes et discriminatoires.