Récent.e.s lauréat.e.s
Le prix Jean-Marie-Fecteau
Melanie K. Ng, “Open Secrets: Methods and Archives in Chinese Canadian Histories.” RSHC 34, no.1 (2024).
« Open Secrets: Methods and Archives in Chinese Canadian Histories » de Melanie Ng propose une approche conceptuelle créative à travers une exploration claire de l’importance d’étudier les secrets dans l’histoire de l’immigration chinoise. « Open Secrets » s’appuie sur les recherches de Ng sur les « familles sur papier », c’est-à-dire les relations établies par les migrants chinois grâce à l’achat de documents d’identité afin de contourner les lois restrictives d’exclusion à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ng apporte une contribution méthodologique précieuse, en s’appuyant sur des travaux universitaires sur la fuite des Noirs américains à l’époque coloniale ainsi que sur les écrits de Jacques Derrida sur les secrets. Soulignant à quel point il était nécessaire d’adopter une fausse identité pour dissimuler la vérité, Ng met l’accent sur le potentiel génératif de la compréhension des secrets et de l’acte de garder des secrets comme une forme de connaissance. Ng offre un aperçu essentiel de l’expérience de l’immigration chinoise au Canada tout en traitant des restrictions d’accès qui limitent les possibilités d’enquêter de manière exhaustive sur les archives publiques relatives au contrôle de l’immigration. Comme le note Ng, malgré l’intensité de la surveillance étatique des immigrants et de leurs relations familiales et les nombreuses archives produites à partir de ces rencontres, une grande partie des archives qui pourraient être utilisées pour retracer ces histoires importantes sont opaques. Ce problème n’est pas propre à l’histoire des Canadiens d’origine chinoise, mais s’applique également aux dossiers secrets produits par la GRC et à la bureaucratie étendue qui régit la santé, l’éducation et les moyens de subsistance des peuples autochtones à travers le Canada. Ng propose des considérations éthiques critiques fondées sur un profond respect pour les personnes qui ont recours au secret et qui transmettent les sources d’archives utilisées.